Qu’est-ce qu’une eau souterraine ?
Les eaux souterraines proviennent de l’infiltration des eaux de pluie au travers du sol puis des pores et fissures des roches du sous-sol sous l’effet de la gravité. L’eau percole ainsi vers des couches de plus en plus profondes, jusqu’à rencontrer une couche imperméable. Là, elles s’accumulent, remplissant le moindre vide, saturant d’humidité le sous-sol, formant ainsi un réservoir d’eau souterraine appelé aquifère.
La circulation de l’eau dans les interstices du sous-sol est en général très lente. Ces faibles vitesses d’écoulement engendrent une forte inertie des eaux souterraines qui se traduit aussi bien sur la quantité que sur la qualité des eaux contenues dans les nappes. Cette inertie est d’autant plus importante que la nappe est profonde. Les eaux souterraines alimentent en eau les rivières.
Le territoire du Cailly-Aubette-Robec est concerné par deux masses d’eau souterraines : La «craie altérée de l’estuaire de la Seine » (96,5 % du territoire) et la « craie du Vexin normand et picard » (2,5 % du territoire). Ces deux ressources jouent un rôle central dans la satisfaction des usages (eau potable, industrie, agriculture, …) et dans le fonctionnement des rivières du territoire.

État chimique
D’après l’état des lieux du SDAGE « Seine et cours d’eaux côtiers normands », ces masses d’eau souterraines sont actuellement en mauvais état chimique, lié à une concentration trop importante en nitrates et en pesticides. La dégradation par les pesticides est une réalité locale avec de nombreuses détections supérieures au seuil de qualité pour des molécules variées. Les teneurs en nitrate dans la nappe de la craie au droit des bassins versants Cailly-Aubette-Robec avoisinent le seuil de vigilance

État quantitatif
La nappe de la craie est rechargée par l’infiltration d’une partie des précipitations (lame d’eau moyenne infiltrée de l’ordre de 200 mm/an).
Six piézomètres (BRGM et SBVCAR) suivent l’évolution du niveau de la nappe de la craie sur le territoire du Cailly-Aubette-Robec et sur sa périphérie.

Qu’est-ce qu’une Aire d’alimentation de captage ?
L’aire d’alimentation du captage correspond à l’ensemble des surfaces où toute goutte d’eau tombée au sol est susceptible de parvenir jusqu’au captage, que ce soit par infiltration ou par ruissellement. La délimitation de cette zone doit a minima inclure les différents niveaux de Périmètre de protection des captages (PPC) Cette zone est délimitée dans le but principal de lutter contre les pollutions diffuses risquant d’impacter la qualité de l’eau prélevée par le captage.
39 captages sont situés sur le territoire Cailly-Aubette-Robec. Le nombre de captages pour l’alimentation en eau potable est variable selon les collectivités compétentes. Pour les plus petites telles que le SIAEP de Mont-Cauvaire et la commune de Bosc-le-Hard, l’ensemble des prélèvements sont réalisés par un unique captage. À l’inverse, la Métropole Rouen Normandie dispose d’un nombre important de 55 captages.

La réglementation française
En France, la valeur limite de concentration en nitrates admise pour les eaux destinées à la consommation humaine fixée par l’arrêté du 11 janvier 2007 est de 50 mg/l. Sur le territoire du Cailly-Aubette-Robec, les valeurs moyennes et maximales observées sur les qualitomètres sont inférieures à ce seuil réglementaire.
Une tendance globale à la hausse de la concentration en nitrates (3 à 5 mg/l sur l’ensemble des ouvrages situés sur le territoire du SAGE sur une vingtaine d’années) a été observée.
La Directive 91/676/CEE du 31 décembre 1991, dite directive « nitrates », a été mise en place en raison des taux élevés en nitrates dans les eaux. Elle prévoit la délimitation des zones vulnérables où les eaux ont un taux en nitrates qui approche ou dépasse le seuil de 50 mg/l et/ou a une tendance à l’augmentation. Depuis février 2003, tout le territoire est classé en zone vulnérable notamment du fait de la dégradation de la masse d’eau sur l’ouest du département.
Un risque sanitaire important
En France, les références de qualité, fixées par l’arrêté du 11 janvier 2007, pour la concentration en pesticides des eaux souterraines destinées à la consommation humaine sont les suivantes :
- pesticides (par substance individuelle) : 0,10 µg/l ;
- aldrine, dieldrine, heptachlore, heptachlorépoxyde (par substance individuelle) : 0,03 µg/l ;
- total pesticides : 0,50 µg/l.
De manière générale, les contaminations par les molécules aujourd’hui interdites semblent diminuer pour beaucoup de captages concernés. Les eaux du territoire sont sensibles aux molécules phytosanitaires même si les dépassements restent ponctuels pour la plupart des captages.
La réutilisation de l’eau pluviale
En France la limite de qualité pour les eaux brutes est fixée à 2 NTU pour la turbidité. Les mesures de turbidité réalisées par l’Agence de l’Eau révèlent que les eaux brutes utilisées pour la consommation humaine sur le territoire sont sensibles à la turbidité. Cette sensibilité est variable selon les secteurs géographiques : les ressources captées à Maromme, Fontaine-sous-Préaux, Darnétal, Moulineaux et en amont du Cailly, sont particulièrement sensibles à la turbidité tandis qu’à Saint-Etienne-du-Rouvray, la ressource est épargnée.
Plus d’informations sur la qualité de l’eau potable en Normandie :